Cookie Consent by Free Privacy Policy Generator
Fermez
Produits
    Filtres
    Langue
    Rechercher

    IRC LED, TLCI et R9 : qualité des couleurs

    IRC LED, TLCI et R9 : qualité des couleurs

    Dans le monde de l'éclairage professionnel, la qualité de la lumière ne se mesure pas exclusivement en lumens ou en watts, mais en CRI LED, TLCI et R9. La capacité d'une source lumineuse à révéler avec précision les couleurs des objets qu'elle éclaire représente un paramètre crucial, souvent décisif pour le succès d'un projet d'éclairage. Qu'il s'agisse d'un magasin de vêtements où les tissus doivent apparaître fidèles à la réalité, d'un studio de télévision où le rendu de la peau est fondamental, ou d'un musée où les peintures doivent être respectées dans leur chromaticité originale, comprendre et savoir évaluer les indices qui quantifient cette capacité est impératif.

     

    Cet article se propose d'examiner les trois métriques fondamentales pour l'évaluation chromatique : le CRI (Indice de Rendu des Couleurs), le TLCI (Television Lighting Consistency Index) et l'indice R9. À travers une analyse minutieuse de leurs définitions, méthodologies de calcul, limites et champs d'application, nous fournirons les outils nécessaires pour opérer des choix éclairés et conscients sur le vaste marché de l'éclairage LED.

     

     

    CRI LED et qualité chromatique : pourquoi la couleur compte

    Avant de nous plonger dans les métriques spécifiques, il est essentiel de comprendre de quoi nous parlons. La qualité chromatique, ou rendu des couleurs, décrit l'effet d'une source lumineuse sur la couleur apparente des objets. Ce n'est pas une propriété intrinsèque de la lumière elle-même, mais le résultat de l'interaction entre le spectre d'émission de la source et les propriétés de réflexion spectrale des objets.

     

    Une lampe – souvent comparée à la lumière naturelle du soleil à midi ou à un corps noir à la même température de couleur – possède un spectre continu et complet qui contient de l'énergie dans toutes les longueurs d'onde du visible. Cela lui permet d'éclairer n'importe quelle couleur, réfléchie par l'objet dans son intégralité, en en restituant une perception fidèle et riche.

     

    Les sources artificielles, surtout celles à spectre discret comme les LED, peuvent présenter des "trous" ou des pics accentués dans certaines bandes spectrales, conduisant à des distorsions plus ou moins marquées. Évaluer ces distorsions de manière objective et standardisée est l'objectif des indices que nous analyserons.

     

     

    Le CRI (Color Rendering Index) : définition, histoire, calcul et limites

    Le CRI, ou Indice de Rendu des Couleurs, est la métrique historiquement la plus utilisée et reconnue au niveau international. Développé par la Commission Internationale de l'Éclairage (CIE) et formalisé dans la publication CIE 13.3 (1995), le CRI fournit une évaluation comparative de la capacité d'une source lumineuse à reproduire les couleurs par rapport à une source de référence.

     

    Il est fondamental de souligner que le CRI LED ne mesure pas la "beauté" ou la "saturation" des couleurs, mais leur fidélité par rapport à une référence. Un CRI élevé indique que les couleurs apparaîtront très similaires à ce qu'elles seraient sous la source de référence, dans les mêmes conditions d'adaptation chromatique de l'observateur.

     

    Qu'est-ce que le CRI ? Définition technique et base conceptuelle

    Le CRI LED, acronyme de Color Rendering Index, est un indice quantitatif qui mesure le degré de correspondance entre la couleur perçue d'un objet éclairé par une source à l'essai et la couleur perçue du même objet éclairé par une source de référence, lorsque les deux sources ont la même température de couleur corrélée (CCT). L'indice est basé sur le concept de déplacement chromatique.

     

    En termes pratiques, on sélectionne une série d'échantillons de couleur standardisés (à l'origine 8, étendus à 14), on calcule comment chacun de ces échantillons se déplace dans l'espace couleur CIE 1964 (U\*, V\*, W\*) lorsqu'il est éclairé par la source à l'essai par rapport à la source de référence. Plus le déplacement est important, moins bon sera le rendu pour cet échantillon particulier. La moyenne arithmétique des valeurs obtenues pour les 8 premiers échantillons (de R1 à R8) fournit le CRI général, dénommé Ra (où "a" signifie "average", moyenne).

     

    La question "Qu'est-ce que le CRI ?" trouve donc sa réponse dans un algorithme précis :

    1) on détermine la CCT de la source à l'essai ;

    2) on choisit comme référence un corps noir de Planck (pour CCT < 5000K) ou un spectre de lumière du jour CIE (pour CCT ≥ 5000K) à la même CCT ;

    3) on calcule les coordonnées chromatiques des échantillons sous la source à l'essai et sous la référence ;

    4) on applique une transformation pour corriger les différences d'adaptation chromatique (en utilisant la transformation de von Kries) ;

    5) on calcule la différence de couleur ΔEi pour chaque échantillon i. 6) On convertit chaque ΔEi en un indice particulier Ri via la formule : Ri = 100 - 4.6 * ΔEi ;

    7) le Ra (ou CRI général) est la moyenne arithmétique de R1, R2, ..., R8.

     

    Les échantillons de couleur du CRI LED : les indices spéciaux de R1 à R14

    Le choix des échantillons de couleur est critique. Les 8 premiers échantillons (R1-R8) sont des couleurs pastel à saturation moyenne, représentatives de pigments communs. Ils sont utiles pour une évaluation générique mais peuvent masquer des carences spectrales spécifiques. Pour cela, la CIE a introduit 6 échantillons supplémentaires (R9-R14), plus saturés, qui testent des régions spectrales spécifiques.

    IndiceCouleur de l'échantillonDescription et signification
    R1Gris rougeâtre clairTeste le rendu des tonalités rouge-grisâtre.
    R2Gris jaunâtre foncéTeste le rendu des tonalités jaune-grisâtre.
    R3Vert jaunâtre vifVert jaunâtre saturé.
    R4Vert jaunâtre moyenVert jaunâtre à saturation moyenne.
    R5Bleu verdâtre clairTeste le rendu des bleu-verts.
    R6Bleu clairBleu à faible saturation.
    R7Violet bleutéTeste le rendu des violets et des bleus profonds.
    R8Violet rougeâtreLilas rougeâtre.
    R9Rouge saturéÉchantillon critique pour les LED. Teste le rendu du rouge pur. Fondamental pour les tissus, les chairs, les aliments.
    R10Jaune saturéTeste le rendu du jaune.
    R11Vert saturéTeste le rendu du vert.
    R12Bleu saturéTeste le rendu du bleu.
    R13Couleur de peau caucasienne (rose)Échantillon de peau claire. Essentiel pour le portrait et les magasins de vêtements.
    R14Feuille verteVert feuille. Important pour l'éclairage des plantes et des environnements naturels.

    L'indice R9 mérite une mention spéciale. Puisque de nombreuses LED blanches (surtout celles basées sur des phosphores bleu+jaune) émettent peu dans le spectre rouge profond (autour de 630-660 nm), la valeur R9 est souvent très basse (même négative) malgré un Ra élevé. Une LED avec un Ra de 90 et un R9 < 20 rendra les rouges ternes, grisâtres et peu vibrants. Pour des applications critiques, spécifier une valeur R9 minimale (ex. R9 > 50 ou R9 > 80) est une pratique professionnelle indispensable.

     

    Comment calcule-t-on le CRI LED ? Le processus étape par étape

    Le calcul manuel du CRI est complexe et nécessite un instrument spectroradiométrique et un logiciel spécialisé. Cependant, comprendre le flux logique est fondamental pour interpréter correctement le résultat. Le processus se déroule en une chaîne d'opérations mathématiques et chromatiques :

     

    1. Mesure spectrale : on acquiert le spectre de puissance rayonnante de la source à l'essai (SPD - Spectral Power Distribution) dans l'intervalle 380-780 nm ;
    2. Calcul de la CCT : à partir du spectre, on calcule les coordonnées chromatiques (x,y) et on détermine la Température de Couleur Corrélée (CCT) de la source à l'essai ;
    3. Choix de la référence : selon la CCT, on génère mathématiquement le spectre de la source de référence (corps noir ou lumière du jour CIE) ;
    4. Calcul des coordonnées des échantillons : pour chacun des 14 échantillons, dont la réflectance spectrale est connue, on calcule les coordonnées de chromaticité et de luminance sous la source à l'essai et sous la référence, dans l'espace couleur CIE 1964 U\*V\*W\* (un espace uniforme dans lequel les distances correspondent approximativement aux différences perceptives) ;
    5. Correction de l'adaptation chromatique (Chromatic Adaptation) : puisque l'œil humain s'adapte aux différentes températures de couleur, on applique une transformation (CIE CAT) aux coordonnées de la source à l'essai pour simuler sa vision dans le même état d'adaptation que la référence ;
    6. Calcul des différences de couleur (ΔE) : pour chaque échantillon i, on calcule la différence de couleur ΔEi dans l'espace U\*V\*W\* entre son apparence sous la référence et sous la source à l'essai (corrigée) ;
    7. Conversion en Indices Partiels (Ri) : chaque ΔEi est converti en un indice partiel Ri : Ri = 100 - 4.6 * ΔEi. Le coefficient 4.6 met à l'échelle le résultat de sorte qu'une lampe à vapeur de sodium à haute pression, avec un mauvais rendu des couleurs, ait un CRI autour de 25. Un ΔE égal à 0 (aucune différence) donne Ri=100 ;
    8. Calcul du Ra (CRI Général) : la valeur Ra (ou CRI) est la moyenne arithmétique des 8 premiers indices partiels : Ra = (R1 + R2 + ... + R8) / 8.

     

    La formule de l'indice de rendu des couleurs, en son noyau, est donc Ri = f(ΔEi) = 100 - k * ΔEi, où k est une constante de normalisation. La complexité réside entièrement dans le calcul précis de ΔEi, qui doit prendre en compte tous les facteurs psychophysiques de la vision des couleurs.

     

    Les limites du CRI LED et la naissance de nouvelles métriques : TLCI et TM-30-18

    Malgré sa diffusion, le CRI présente des limitations critiques, apparues surtout avec l'avènement des sources LED. Ces limites ont poussé la recherche vers des métriques alternatives plus robustes.

     

    Criticités de la méthode CRI : pourquoi parfois un CRI élevé ne suffit pas

    Les principales critiques du CRI LED sont de nature technique et perceptive :

     

    • Choix des échantillons : les échantillons pastel (R1-R8) ne sont pas représentatifs de couleurs saturées réelles. Une source peut avoir un Ra élevé mais un très mauvais rendu des rouges (R9) ou des verts (R11) ;
    • Source de référence : la référence est toujours un spectre du corps noir ou de la lumière du jour, même pour des sources avec des spectres très différents (ex. LED à pics multiples). Cela peut conduire à des évaluations injustes ;
    • Espace couleur obsolète : l'espace CIE 1964 U\*V\*W\* a été dépassé par des espaces plus uniformes comme CIELAB ou CIELUV. La non-uniformité peut peser différemment sur différentes régions chromatiques ;
    • Manque d'indicateurs de préférence : le CRI mesure la fidélité, non la préférence. Des études montrent que souvent les observateurs préfèrent une légère exaltation de la saturation, spécialement dans le domaine du retail. Une métrique de pure fidélité ne capture pas cet aspect.
    • Problèmes avec les sources à CCT très haute ou basse : la méthode devient instable pour des CCT très en dehors de la plage 2500K-6500K.

     

    Ces critiques ont rendu clair que le Ra seul est un indicateur insuffisant pour une évaluation professionnelle complète. Il est nécessaire d'examiner les indices supplémentaires, principalement le R9, et de considérer des métriques plus modernes.

     

    Le TLCI (Television Lighting Consistency Index) : la norme pour la diffusion

    Avec la transition de la télévision de l'analogique au numérique et de la SD à la HD et 4K, la nécessité d'un contrôle chromatique strict pour les lumières de studio est devenue impérieuse. Le CRI, conçu pour l'observation humaine, ne tenait pas compte de la réponse des caméras numériques. L'Union Européenne de Radio-Télévision (EBU) a donc développé le TLCI (Television Lighting Consistency Index), standardisé comme EBU Tech 3353 et ensuite adopté également par la CIE.

     

    Le TLCI répond à une question spécifique : "Comment apparaîtront les couleurs lorsqu'elles seront filmées par une caméra standard et reproduites sur un moniteur de référence ?" Il remplace l'observateur humain par un modèle de caméra électronique standardisé, simulant toute la chaîne d'acquisition, de traitement du signal et de visualisation.

     

    TLCI : qu'est-ce que c'est et comment ça marche

    La méthodologie TLCI-2012 (et la suivante TLCI-2015) suit ce schéma :

     

    1. Modèle de caméra : on utilise un modèle mathématique d'une caméra HD avec des caractéristiques spectrales de réponse des filtres RGB définies par la recommandation ITU-R BT.709 ;
    2. Jeu d'échantillons : on utilise un jeu de 18 échantillons de couleur (incluant des couleurs de peau, des couleurs du logo EBU, des couleurs saturées), plus représentatifs d'un scénario télévisuel ;
    3. Simulation de la chaîne de signal : pour chaque échantillon, on simule :
      • la réponse RGB de la caméra sous la source à l'essai et sous une source de référence D65 ;
      • la correction du blanc automatique (AWB) de la caméra ;
      • la correction gamma et le codage du signal vidéo ;
      • le décodage et la visualisation sur un moniteur de référence calibré (également conforme à BT.709).
    4. Calcul des différences de couleur : on calcule la différence de couleur ΔE (dans l'espace CIELAB) entre l'image de l'échantillon sous la source à l'essai et sous la référence D65, après toute la chaîne de traitement ;
    5. Attribution de la valeur TLCI : les différences de couleur ΔEi sont converties en un indice qualitatif (Qa) puis en un score TLCI sur une échelle de 0 à 100, avec une approximation à 5 points. La conversion est telle que :
      • TLCI ≥ 85 : excellent. Aucune correction couleur nécessaire en post-production ;
      • TLCI entre 70 et 85 : bon. De petites corrections pourraient être nécessaires ;
      • TLCI entre 50 et 70 : acceptable. Des corrections substantielles seront nécessaires ;
      • TLCI < 50 : insuffisant. Même avec des corrections, les résultats seront médiocres.

     

    La différence fondamentale entre CRI et TLCI réside dans le "détecteur" : l'œil humain adapté chromatiquement pour le CRI, le système caméra-moniteur standardisé pour le TLCI. Pour un concepteur lumière qui travaille en télévision, cinéma ou production vidéo, le TLCI est un paramètre plus fiable et direct que le CRI pour prédire le comportement des lumières devant l'objectif.

     

    La métrique TM-30-18 : l'évolution moderne de l'évaluation chromatique

    Pour répondre systématiquement à toutes les critiques du CRI, l'Illuminating Engineering Society (IES) nord-américaine a développé la méthode TM-30-18 (IES Method for Evaluating Light Source Color Rendition). Cette norme ne se présente pas comme un seul chiffre, mais comme un ensemble de valeurs et de graphiques qui fournissent une analyse multidimensionnelle.

    TM-30-18 introduit deux indices principaux et des outils visuels :

    • Rf (Fidelity Index) : indice de Fidélité. Similaire au CRI, mais basé sur 99 échantillons de couleur réels (tissus, peintures, matériaux naturels, peau, feuillage), un espace couleur plus moderne (CAM02-UCS) et une source de référence qui est la moyenne de nombreuses sources réelles à haut rendu, pas seulement le corps noir/lumière du jour. Rf va de 0 à 100.
    • Rg (Gamut Index) : indice de Gamut. Mesure le changement moyen de saturation. Une valeur Rg = 100 indique que la source à l'essai, en moyenne, n'altère pas la saturation par rapport à la référence. Rg > 100 indique une augmentation moyenne de la saturation, Rg < 100 une diminution. Cela distingue la fidélité (Rf) de la "vivacité" (Rg).
    • Outils graphiques : fournit un diagramme vectoriel qui montre, pour 16 teintes de couleur (hue bins), si la source tend à saturer ou désaturer et à déplacer la tonalité. Fournit également un graphique du spectre d'émission.

    TM-30-18 représente l'état de l'art dans l'évaluation du rendu des couleurs, offrant un cadre informatif beaucoup plus riche et fiable que le seul Ra. Bien qu'il ne soit pas encore largement rapporté dans les fiches techniques des LED, son adoption est croissante dans le secteur professionnel.

     

    Efficacité lumineuse et efficacité énergétique : l'équilibre avec la qualité chromatique

    Un chapitre incontournable dans le choix d'une LED professionnelle est le rapport entre qualité chromatique et efficacité. Il existe souvent un compromis entre un CRI LED/TLCI élevé et l'efficacité lumineuse (lumen/watt). Comprendre cette relation est fondamental pour optimiser le projet d'éclairage à la fois en termes de rendu visuel et de consommation d'énergie.

     

    Définition de l'efficacité lumineuse et de l'efficacité énergétique

    Il est important de distinguer deux concepts souvent confondus :

    • Efficacité lumineuse (luminous efficacy) d'une source : c'est le rapport entre le flux lumineux total émis (en lumens, lm) et la puissance électrique absorbée (en watts, W). Elle se mesure en lm/W. Formule : η = Φ / P, où η est l'efficacité lumineuse, Φ est le flux lumineux, P est la puissance absorbée. Indique à quel point une source est efficace pour convertir l'énergie électrique en lumière visible ;
    • Efficacité énergétique (energy efficiency) : concept plus large qui considère le système entier (source + alimentation + système de contrôle) et l'utilisation finale. Il peut se référer à la consommation totale d'un bâtiment ou d'une application. Une lampe efficace (haut lm/W) contribue à l'efficacité énergétique générale ;
    • Flux lumineux (Luminous Flux - Φ) : mesure de la puissance lumineuse perçue par l'œil humain, pondérée selon la courbe de sensibilité photopique standard V(λ). Elle se mesure en lumens (lm). Répond à la question : "Combien de lumière émet globalement cette source ?"

     

    La relation entre spectre LED, CRI et efficacité lumineuse

    Pour comprendre le compromis, il faut regarder la physique de la LED blanche. La plupart des LED blanches utilisent une puce qui émet de la lumière bleue (autour de 450 nm) qui excite un phosphore jaune (comme le YAG:Ce) placé au-dessus. Le mélange de bleu résiduel et de lumière jaune du phosphore donne la sensation du blanc. Ce système est très efficace car il convertit bien l'énergie. Cependant, le spectre résultant est essentiellement composé de deux pics (bleu et une large bande jaune-vert), avec peu de rouge profond. Cela produit un R9 bas et un CRI généralement de l'ordre de 70-80, mais une efficacité lumineuse très élevée (jusqu'à 200 lm/W pour les meilleures en laboratoire).

     

    Pour augmenter le CRI LED et en particulier le R9, les fabricants doivent modifier la composition du phosphore. En ajoutant des phosphores rouges (ex. nitrures ou oxynitrures dopés avec Eu2+) ou en utilisant des mélanges de phosphores verts et rouges (approche "à plusieurs phosphores" ou "pompe violette/bleue + phosphores multiples"), on remplit le spectre dans la région rouge et on améliore le rendu de tous les échantillons. Cependant, ces phosphores additionnels ont souvent une efficacité de conversion inférieure à celle du phosphore jaune classique YAG:Ce, et absorbent une partie de la lumière émise par d'autres phosphores (reconversion). Le résultat est une perte d'efficacité lumineuse globale.

     

    Comparaison pratique : efficacité lumineuse en fonction du CRI LED et de l'R9

    Le tableau suivant illustre, à titre indicatif, l'évolution typique de l'efficacité lumineuse pour des modules LED COB (Chip-on-Board) de puissance similaire (environ 3000K CCT) en fonction des indices de rendu des couleurs. Les valeurs sont représentatives du marché professionnel.

    Type de LED (3000K)CRI (Ra) indicatifR9 indicatifEfficacité lumineuse indicative (lm/W)Scénarios d'application recommandés
    LED Standard (YAG)70 - 80< 10 (souvent négatif)160 - 190 lm/WÉclairage public, industriel, entrepôts, zones extérieures où le rendu des couleurs est secondaire.
    LED à Haut CRI> 80 (ex. 82-85)> 20 - 50140 - 170 lm/WBureaux, écoles, espaces communs, éclairage général où une bonne visibilité est requise.
    LED CRI 90+> 90> 50 - 70110 - 150 lm/WRetail (non luxe), musées (pour zones générales), hôtellerie, résidentiel de qualité.
    LED CRI 95+ / R9 > 90> 95> 9090 - 130 lm/WRetail de luxe (joaillerie, mode), musées (éclairage d'œuvres d'art), studios photo, médical critique, alimentaire.
    LED pour Broadcast (TLCI > 90)Souvent > 95> 9580 - 120 lm/WStudios de télévision, cinématographiques, production vidéo professionnelle.

    Le choix devient donc un équilibre entre exigences de conception : est-il plus important de maximiser l'efficacité énergétique (et de réduire les coûts opérationnels et le nombre de points lumineux) ou de maximiser la qualité chromatique (et donc l'expérience visuelle et la valorisation des environnements et des objets) ? Dans les projets professionnels, il est de pratique de calculer le flux total requis et, en fonction du lm/W choisi, de dimensionner la puissance installée. Un lm/W plus bas peut signifier plus de luminaires ou des luminaires plus puissants, avec une augmentation possible des coûts initiaux et de la puissance contractuelle.

     

    Applications pratiques et lignes directrices pour le choix

    Nous fournissons maintenant une synthèse opérationnelle pour guider la sélection des sources LED en fonction du contexte d'application, en intégrant tous les paramètres discutés.

    Lignes directrices pour des secteurs spécifiques

    1. Retail et merchandising visuel

    Objectif : mettre en valeur les produits, rendre les couleurs attractives et fidèles, créer des ambiances agréables.

     

    • Vêtements et tissus : un CRI LED > 90 et un R9 > 50 sont fondamentaux. Un R9 élevé garantit des rouges vibrants (ex. t-shirts, vêtements rouges, tons chauds de la peau sur les mannequins). Considérer aussi R13 (tons de peau). TM-30-18 avec Rg légèrement >100 peut augmenter l'attrait.
    • Joaillerie et horlogerie : CRI > 95, R9 > 90. Le rendu des pierres précieuses (émeraudes, rubis, saphirs) et des métaux (or, platine) nécessite un spectre complet et uniforme. Attention aux pics spectraux qui peuvent créer des reflets non naturels.
    • Alimentaire et supermarchés : critique pour la viande, les fruits, les légumes. CRI > 90, R9 > 80 est essentiel pour faire apparaître la viande fraîche et rouge, les tomates mûres, les légumes vivants. CCT chaudes (2700K-3000K) pour les rayons traiteur, plus froides (4000K) pour les rayons fruits et légumes.

     

    2. Musées, galeries d'art et patrimoine culturel

    Objectif : fidélité chromatique maximale pour respecter l'intention de l'artiste, minimiser le dommage photochimique.

    • Peintures et œuvres d'art : CRI > 95, R9 > 90. Préférer les LED à spectre continu ou quasi-continu, en évitant les pics accentués. Le TM-30 Rf est un excellent indicateur. Évaluer les sources avec CRI 98-99 (comme les reproductions du spectre de la lumière du jour) pour les applications les plus critiques.
    • Éclairage d'accentuation : au-delà de la couleur, contrôler la distribution de la lumière (angle du faisceau) et l'absence d'UV/IR pour la conservation.

     

    3. Broadcast, cinéma et photographie professionnelle

    Objectif : reproduction chromatique précise et cohérente à travers les caméras et les pellicules.

    • Studio TV et production vidéo : le paramètre principal est le TLCI. Chercher des lumières avec TLCI ≥ 85 (indiqué comme "Classe A"). Contrôler aussi la constance de la CCT entre différentes unités (pour éviter des dominantes de couleur différentes entre les lumières) ;
    • Cinéma : au-delà d'un TLCI élevé, on demande souvent une CCT précise (ex. 3200K pour tungstène, 5600K pour lumière du jour) et un indice de fidélité élevé (CRI/TM-30 Rf). La possibilité de varier l'intensité sans dérive chromatique (CCT stable en fonction de l'intensité) est cruciale.

     

    4. Bureaux, écoles et santé

    Objectif : confort visuel, productivité, précision dans les activités.

    • Bureaux et salles de classe : CRI > 80 est considéré comme le minimum. Pour de longues heures de travail, CRI > 85-90 réduit la fatigue visuelle et améliore la perception des détails (ex. graphiques, codes couleur). Associer à une CCT adaptée (4000K pour la concentration).
    • Santé (Diagnostic et salles de consultation) : dans le domaine médical, le rendu de la peau et de ses tons est vital. CRI > 90, avec une attention particulière au R9 (pour les érythèmes, cyanoses) et R13/R15 (tons de peau). Des normes comme l'IEC 60601-2-41 pour l'éclairage chirurgical prescrivent des CRI très stricts.

     

    CRI LED et évaluation chromatique : pour des applications réellement professionnelles

    L'évaluation de la qualité chromatique des sources LED pour des applications professionnelles ne peut plus être confiée à la seule valeur CRI (Ra). Une spécification professionnelle avancée doit inclure une série de paramètres tels que :

     

    1. température de couleur corrélée (CCT) : la tonalité de blanc de base (ex. 2700K, 3000K, 4000K) ;
    2. indice de rendu des couleurs général (CRI - Ra) : un premier indicateur de fidélité, mais à ne pas considérer isolément ;
    3. indices CRI spéciaux, en particulier R9 (rouge saturé) : fondamental pour comprendre les performances dans le rouge. Considérer aussi R13 (peau) et R15 (peau asiatique) si pertinent ;
    4. TLCI (si applicable) : obligatoire pour les applications vidéo, broadcast et cinématographiques ;
    5. métriques TM-30-18 (Rf, Rg et graphiques) : l'état de l'art pour une évaluation complète et moderne ;
    6. efficacité lumineuse (lm/W) : pour équilibrer qualité et efficacité énergétique, en calculant le flux total nécessaire et les consommations ;
    7. constance et stabilité : la CCT et le CRI devraient être constants d'un lot à l'autre et stables dans le temps et en fonction de la température de jonction et de la variation d'intensité (dimming).

     

    Investir dans des sources LED de haute qualité chromatique signifie investir dans la perception, le confort et la valeur de l'espace éclairé. Qu'il s'agisse de vendre plus de produits, d'apprécier pleinement une œuvre d'art, de transmettre une image parfaite à la télévision ou de travailler dans un environnement sain et agréable, la profondeur et la précision de l'information fournie par la lumière sont, en définitive, la mesure de sa qualité professionnelle. Ledpoint.it, avec sa sélection de produits aux très hautes performances chromatiques et son support technique spécialisé, se positionne comme un partenaire de référence pour les professionnels qui n'entendent pas faire de compromis sur la qualité de la lumière.